Mon top 3 des sorties en mer à faire en Guadeloupe.

La réserve naturelle de Petite Terre.

On se lève tôt puisqu’on a rendez-vous à la marina de St François à 7h15, direction la réserve naturelle de Petite Terre. Selon moi, c’est l’excursion à faire obligatoirement en Guadeloupe. C’est en catamaran que nous nous dirigeons vers ce petit coin de paradis. Il est composé de deux îlets mais l’on ne peut se rendre que sur l’un d’entre eux, puisque l’autre est réservé à la sauvegarde et reproduction des oiseaux. J’ai la chance de rencontrer sur le bateau un ancien policier, retraité, vivant depuis bientôt 15 ans en Guadeloupe (veinard) et qui attire mon attention sur cette croix surplombant la roche au loin, la Pointe des Châteaux. Il en profite pour me conter l’histoire de la Désirade, autre île de l’archipel, que nous reconnaissons au loin. Il m’explique qu’autrefois cette île était l’endroit où l’on envoyait les gens malades de la peste et que c’est aujourd’hui sur celle-ci que vivent les meilleurs pécheurs de l’archipel.

Une fois arrivés à Petite Terre, plusieurs instructions nous sont données avec beaucoup de sérieux. C’est la condition sine qua non pour pouvoir débarquer : on ne prélève rien, on observe la faune et la flore sans jamais y toucher. Nous sommes au sein d’un équilibre fragile qui ne pourra rester observable que si tout à chacun respecte cet environnement. Exemple, à terre, on ne touche pas les bernard-l’hermite, ils sont protégés tout comme les iguanes qui peuplent l’île. Mêmes indications une fois dans l’eau, on contemple mais jamais on ne dérange. Une fois les instructions reçues, je chausse mes palmes, enfile masque et tuba et contourne le barracuda qui semble nous attendre à la sortie du bateau. C’est parti pour le voyage le plus hypnotique que j’ai pu faire dans ma vie. Je me laisse pousser par le courant et je passe d’un décor à un autre. Je suis d’abord dans les petits fonds où mon impression, c’est bien simple, est d’être dans un aquarium géant : une multitude de poissons de toutes les couleurs m’entoure. Je reconnaitrai avec amusement un peu plus tard sur la route du retour, à l’aide de la fiche explicative, certains poissons observés plus tôt dont les noms sont charmants et amusants : poisson-perroquet, poisson-clown (non pas Nemo mais un pote à lui sans doute), poisson-chirurgien, poisson-trompette etc…

Je continue ma fascinante promenade et je tombe nez à nez avec un barracuda dont le facies ne me donne vraiment pas envie d’amplifier la rencontre. Je nage encore puis, en dessous de moi, passe un requin citron, il ne me calcule pas du tout, continue sa route et semble rejoindre une raie léopard. Je comprends peu à peu pourquoi les plongeurs parlent d’ivresse devant ce genre de spectacle. La fascination est énorme. Un peu plus loin encore, mon doudou (comme disent les créoles) me fait signe d’approcher, les tortues de mer sont là. Elles broutent l’herbe dans le fond et ne font pas attention à nous, elles remontent à la surface, prennent leur air et redescendent. Le spectacle est gracieux et génial à contempler. Je mesure la chance que j’ai de pouvoir les observer de si près. Je repense aussi à ce que l’on nous a dit sur le bateau, défense d’y toucher. Non seulement on peut leur faire peur mais sans le savoir nous pourrions aussi contaminer ces « petites » bêtes avec les bactéries présentes sur nos mains. Certaines d’entre elles développent alors des maladies qui ensevelissent leurs carapaces et les empêchent de remonter à la surface pour respirer. Cette nature est décidément aussi magnifique que fragile.

Bon promis, je calme le commandant Cousteau qui est en moi. De toute façon, je termine ma balade. Je remonte vers la plage pour ensuite me diriger vers le petit barbecue organisé par le capitaine et son équipage : poulet ou poisson au menu avec punch ou planteur. Attention à ne pas se laisser « planter » justement. La chaleur est accablante et cela se boit comme un jus de fruit, alors on pense aussi à boire de l’eau question de ne pas voir les iguanes en double durant votre petite promenade vers le phare, cela vaut le détour.

Si vous étiez tentés par l’excursion à Petite Terre, pensez à réserver à l’avance surtout pendant la haute saison, celle-ci est très demandée, alors on est prévoyant.

          

         

La réserve Cousteau

Direction Malendure cette fois, en Basse-Terre. On prend donc cette direction en passant par la route de la Traversée, et on suit ensuite les panneaux indiquant Bouillante. Vous allez vite vous apercevoir que de nombreuses voitures stationnent le long de la route, c’est normal vous êtes dans le bon, vous vous rapprochez de la plage de Malendure. Avec mon chéri, nous avons été séduits par l’idée de rejoindre l’île d’en face, l’îlet pigeon (petite remarque, pas de pigeon à l’horizon mais ce nom vient du tout premier propriétaire de l’îlet, dixit le loueur de Kayak). Pour se faire, nous avions contacté ce dernier par mail via le site Gwada Pagaie, comptez 25 euros la demi-journée pour la location. On nous file notre kayak, quelques informations bien utiles quant à notre sécurité, et un numéro de téléphone si nous devions nous retrouver en difficulté. Bref, tout est bien organisé. C’est parti pour ramer un bon kilomètre et au finish on arrive sur ce petit îlet bien sympathique. A partir de là, on cale bien son kayak et on enfile ses palmes. Le spectacle est un ravissement pour les yeux, une multitude de poissons de toutes les couleurs, des raies, un barracuda (encore lui), et de multiples coraux colorés. Petite remarque à ce sujet, soyez super vigilants avec le joli corail jaune vif assez épais, plus (ou moins) connu sous le nom de corail feu. Le moindre contact avec celui-ci brûle un max, et ceci ajouté à l’eau salée de la mer, vive la douleur. J’ai vu plusieurs personnes se faire avoir, alors prudence ! Si vous n’êtes pas adeptes de la rame et du tuba, pas de soucis. Il vous est possible de voyager à travers la réserve Cousteau via un bateau à fond de verre, le Nautilus, que vous pouvez prendre directement à la plage de Malendure. Il s’agit en effet d’une réserve du nom de l’explorateur, zone protégée qui ne fait pas moins de 1000 hectares, alors on y va et on en prend plein les mirettes ! Une fois de retour à la plage, on n’hésite pas à refaire quelques minutes de snorkeling, tout en faisant attention aux petits bateaux de passage bien sûr, pour aller faire un coucou aux nombreuses tortues qui cassent la croute non loin du rivage.

Enfin, puisque la nage, elle aussi, creuse, on s’arrête sur la plage pour déguster une savoureuse crêpe à la banane-chocolat ou aux copeaux de noix de coco… Le tout, les fesses posées dans le sable noir, couleur due à l’activité volcanique de la soufrière. N’hésitez pas à prolonger la fin d’après-midi sur place, les locaux arrivent au compte goûte dans les petits bars de plages environnants qui vibrent aux sons créoles. Encore un peu de patience, et on aura aussi l’ambiance en son et lumière grâce à la teinte du soleil couchant venant parfaire votre début de soirée.

         

La réserve naturelle de Grand cul-de-sac marin

Dernière occasion de chausser ses palmes au nord de la Grande-Terre cette fois. Lorsque nous avions discuté avec Monique des spots incontournables à faire au niveau aquatique, avec Petite Terre et la Réserve Cousteau, un autre terme m’avait alors fait sourire et n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde ; le Grand cul-de-sac marin. Il s’agit en effet d’un site unique et très fragile abritant également une faune et une flore incroyable. Via Monique, il nous avait été possible de réserver une excursion bateau, au départ du port de Baie-Mahault. Journée en mer, pique-nique à bord du catamaran, petite escale-plongée sur l’épave d’un bateau devenu le sanctuaire de nombreux poissons multicolores. Et pour finir, on pousse une petite pointe au bord du récif corallien. Le retour se fait calmement à bord de ce catamaran à voiles, bercé par des sons invitant à la rêverie… La journée touche déjà à sa fin. Cette île est décidément ensorcelante et je vous fais le pari que comme moi, si vous vous y rendez cela ne sera pas que pour un seul voyage…