Bien évidemment, il ne faut en aucun cas faire la publicité de ce festival mondialement connu. Il n’en a nul besoin… En effet, pour la quatorzième fois consécutive, celui-ci a réuni des milliers de personnes avec environ deux cents nationalités confondues. Mais ce rassemblement musical est aussi et surtout belge. Ce qui nous permet d’être quelque peu chauvins sur les bords.

Cela faisait déjà plusieurs années que je tentais ma chance, ne fut-ce que pour obtenir des places. Il s’est avéré qu’il y avait peut-être finalement plus de probabilités de gagner au Lotto que de choper son entrée pour le plus grand festival du monde. C’est donc sur un petit nuage que je me suis mise à planer lorsque l’une de mes copines m’a gentiment invitée après avoir réussi l’achat des billets tant convoités.

La tentative d’obtention de ceux-ci est déjà une première dose d’adrénaline pré-festivité. Avec quelques amis, nous nous étions armés de nos ordinateurs, réunis autour d’une table, afin d’essayer d’en avoir. La tension est à son comble lorsque vous entrez dans la liste, puisque vous n’avez pas de droit de regard quant à votre place dans celle-ci. On vous informe juste de ce qui reste au fur et à mesure des minutes qui passent. C’est tendu vous dis-je ! Enfin, après un peu moins d’une heure, c’est la réjouissance ou encore la déconvenue selon le sort qui vous est réservé. En conclusion, avant même de savoir si oui ou non vous aurez accès aux portes du paradis électronique, vous avez déjà explosé le tensiomètre… (Prévoyez le numéro de votre doc, on ne sait jamais). Et rien qu’en cela, Tomorrowland est bien plus fort que Disneyland ! Nous n’avons encore jamais entendu qu’une personne avait frôlé l’infarctus à l’idée de faire un petit coucou à Mickey (enfin je crois).

Une fois cette fameuse étape passée, arrive l’attente. Une longue période durant laquelle vous fantasmez sur l’écrin dans lequel vous parviendra le fameux bracelet tant désiré. Et c’est bien en cela que les organisateurs de ce festival sont très forts. Environ un mois avant le début des festivités, vous guettez votre boîte aux lettres en imaginant tous les thèmes possibles et imaginables. L’année dernière, les thèmes du cirque et du burlesque chic avaient été à l’honneur. Ou encore durant l’été 2016 avec sa version du royaume enchanteur, à la frontière du pays imaginaire de Peter Pan et d’Alice. Cette année, c’est bien une thématique flirtant avec Atlantide et vingt mille lieues sous les mers qui a été abordée. A l’arrivée du coffret, l’expérience commence. On l’ouvre délicatement, du bout des doigts, comme pour ne pas réveiller l’hippocampe qui y sommeille. Car il n‘y a pas que le bracelet que vous trouverez dans le dit coffret mais bien une mise en bouche de ce qui vous attendra lors du festival. Cette année, c’était donc un pendentif à l’effigie du motif que l’on découvrira plus tard sur la scène principale, qui créait la surprise. Sans oublier la carte aux trésors… Comme en possédaient les pirates !

Ensuite, on décompte les jours. Comme lorsque nous étions petits et que nous attendions impatiemment le matin de Noël. Quelques jours avant le festival, vous devez charger votre bracelet de pearls. Franchement bien pensé, afin d’éviter la perte ou encore le vol d’argent une fois sur place. Un euro équivaut à 1,62 pearl. Equivalence à bien retenir pour ne pas être complétement perdus une fois que vous aurez des achats à effectuer sur place. Si vous n’avez pas utilisé tout votre solde, le site vous reversera automatiquement la somme restante sur votre compte. Magique vous dis-je ! Une remarque cependant, ceci n’est valable que si vous avez chargé votre bracelet avant le festival. Les sommes versées durant le week-end même, elles, sont plus difficilement récupérables.

Jour J ! Direction Boom, près d’Anvers pour vous rendre dans le plus grand festival du monde (ce n’est pas moi qui l’ai dit mais j’aime le souligner, made in Belgium et oui). Tout est organisé au préalable pour que vous puissiez y aller. Le plus facile est bien évidemment en voiture (co-voiturage même). Mais sachez qu’il vous est également possible d’y accéder en train ou encore en bus. Sans oublier l’avion, spécialement relooké pour les festivaliers du bout du monde.

     

Une fois la demi-heure à pied séparant le parking de l’entrée du festival effectuée (ben oui ça se mérite), bienvenue dans le monde magique de Tomorrowland ! Dès l’entrée, cela envoie du lourd. La décoration fait renaître les sentiments enfantins enfouis en vous depuis des lustres… L’ambiance et l’univers tout entier appellent au lâcher prise et au retour en enfance. Mieux que Disneyland je vous ai dit ! Tout est rangé, organisé. Même les poubelles sont customisées pour l’occasion, en forme de plantes fantasmagoriques.

    

Lorsque l’on pénètre sur le site, une seule envie nous dicte notre conduite : aller voir la mainstage. Mais ne vous soumettez pas à la tentation, résistez ! Car Tomorrowland est conçu pour vous faire vibrer crescendo. Une scène avec son univers, puis une autre, encore et encore jusqu’à la principale, celle où votre pendentif trouvera toute sa raison d’être : l’expérience Planaxis. Ce ne sont pas moins de dix-sept scènes qui étaient dressées cette année dans le parc enchanteur de Boom. J’avais toute la journée sur place et ne suis finalement parvenue à n’en faire que onze. Ce qui n’est déjà pas mal à vrai dire. Car c’est toute la contradiction présente en vous lorsque vous foulez le sol de ce festival. On veut voir un maximum de choses, certes. Mais une fois installés dans l’univers de la scène devant laquelle vous vous trouvez, ainsi que du dj exerçant son pouvoir hypnotique, vous ne pouvez plus en décrocher. Qu’il s’agisse de l’orgue géant, des champignons « Youphoria », de la petite maison sur le lac, du « Garden of Madness » surplombé de glycines. Ou encore du jardin rose, accompagné de son dragon mobile, fait de fleurs et de lumière, crachant les flammes à l’unisson avec les prouesses de l’artiste s’y exécutant. Ce dernier a d’ailleurs un air de ressemblance avec celui de la belle aux bois dormant. Vous ne saurez plus où donner de la tête. Mais suivez mon conseil : Promenez-vous, évadez-vous ! Goutez aux différentes atmosphères présentes sur les lieux, n’hésitez pas à passer d’un extrême à l’autre. De la scène toute faite de bois dans la petite forêt dite « Core », ou encore dans l’univers burlesque des chevaux de bois du « Théâtre formidable », petit clin d’œil au thème de l’année précédente.

    

Une autre chose qui donne à Tomorrowland quelques points supplémentaires : Tout y est possible ! Tout particulièrement côté look. Vous croiserez aussi bien Mario Bros, que Tortue Ninja ou encore Jack Sparrow. Bien que la primeur ait été accordée aux sirènes cette année (accord avec le thème oblige). Et c’est tout l’intérêt de se prêter au jeu. Paillettes, écailles, maquillages en tout genre. Toutes les extravagances y sont permises sans que vous ne passiez pour un dingue. Et ça c’est top ! Pouvoir se déguiser et parader toute la journée sans que cela ne choque personne, quel pied. Ben oui, force est de constater qu’à Disneyland, c’est tout de suite moins évident. A moins d’avoir une dizaine d’années, vous promener en fée clochette, ou encore en Tic et Tac fait doucement flipper, voir vieil ado faisant sa crise sur le tard… Je m’excuse de le souligner. Ici, vous pouvez être Arielle ! Bon, une Arielle quelque peu exhibo selon le choix de certaines, mais ne jugeons pas. A chacun son degré de folie et de pudeur.

     

A ce propos, si pour une raison quelconque, vous n’avez pas eu le temps de soigner votre look en mode festival, pas de panique ! Tomorrowland vous permet de vous faire chouchouter sur place. Coiffeurs, maquilleurs, et même tatoueurs sont présents pour vous rendre le plus « in » possible ! Bon concernant le tattoo, réfléchissez-y tout de même. Les motifs proposés étant essentiellement le papillon-cyclope, effigie du festival depuis ses débuts. J’ai vu plusieurs personnes sauter le pas, dont deux jeunes garçons, ayant passé un pacte quant au choix de l’emplacement du dit tattoo : leurs fesses. Ma foi, les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais… Un certain monsieur Wilde leur a sans doute soufflé l’idée.

    

Pour casser la croûte, une fois de plus, c’est la démesure. On croirait presque que les organisateurs ont voulu satisfaire toutes les nationalités participantes. Du burger (à la véritable viande hachée accompagnée de sa petite salade, excusez-moi du peu) au path thaï particulièrement relevé et aux pizzas richement garnies, il n’y a qu’un stand. Vous ne saurez plus où donner de la tête, ou devrais-je dire de l’estomac !

Tout cela a bien évidemment un coût, vous l’aurez compris. Avec le prix de l’entrée, vos boissons, vos repas (le tout en restant raisonnable), vous atteindrez vite la somme des 200 euros pour la journée. Et je ne parle pas de la boutique de souvenirs présente à la sortie du festival (et oui, à la sortie, comme les bonbons à la caisse des supermarchés pour les enfants). 35 euros la casquette, 35 à 45 euros le t-shirt, si vous vous trouvez dans un état euphorique quelque peu alcoolisé, surtout ne vous en approchez pas ! Il en va de votre survie bancaire.

Mais n’en est-il pas de même pour aller rendre visite à Mickey ? (Hormis l’alcool bien sûr, enfin du moins je l’espère). Car après tout, pour se rendre à Disneyland, ne devons-nous pas toujours chercher un petit être-alibi afin de nous y rendre sans se faire passer pour un ado attardé? Alors que là, dans le monde merveilleux de Tomorrowland, toute personne adulte désireuse de s’évader dans une parade électro est invitée à y entrer. Et ce, sans excuse aucune !