Marrakech l’impériale

Written by Manon

Une odeur de safran, un bruit de calèche, un rayon de soleil venant réchauffer le chat dormant sur un tas de tapis couleur argent… Vous l’aurez compris c’est bien dans la ville impériale que mon baluchon s’est posé dernièrement. Comme chacun le sait, Marrakech n’est plus à vanter ou à présenter. Cette petite perle du Maghreb est en effet devenue une haute destination touristique pour les amateurs de soleil à l’année. Cependant, cette ville regorge d’endroits plus envoutants les uns que les autres. Vous me connaissez, je ne m’embarque jamais dans une destination sans mon guide et une carte dans le sac à dos. Mais je dois avouer que j’ai pris plaisir à me perdre dans les ruelles assez désertes de grand matin. Ce qui est selon moi, le moment le plus intéressant pour faire des découvertes.

J’y suis restée trois jours. Ce qui m’a donné le loisir de pointer plusieurs adresses aussi bien pour l’histoire des lieux, la gastronomie, la détente ou encore le shopping. Concernant le logement, plusieurs options s’offrent à vous : La médina, celle-ci dispose de plusieurs Riads, ce qui permet de rester au cœur de la vieille ville tout au long de votre séjour. Le Riad Lea est assez bien situé et joliment décoré. Si vous souhaitez vivre à l’oriental tout le séjour je vous le recommande sans hésiter. Envie d’un peu plus de tranquillité à un quart d’heure de Marrakech ? Le Domaine Caro offre plusieurs chambres d’hôtes en toute convivialité avec le bonus d’une piscine (ce qui n’est pas négligeable si vous visitez la métropole en été). Enfin, autre option un peu plus conventionnelle mais tout aussi sympathique, la palmeraie. C’est en effet l’endroit où se trouve la plupart des chaînes hôtelières tel que l’Iberostar Palmeraie. Parfait si vous souhaitez vous reposer après de longues promenades dans les souks.

         

Mon coup de cœur est sans nul doute la vieille ville. Celle-ci conserve une véritable authenticité et semble nous projeter dans les contes des mille et une nuits. L’architecture est d’une richesse sans égal qu’il s’agisse d’une mosquée, d’une fontaine ou encore d’une simple maison. Le tout illuminé dans un décor ocre qui nous réchauffe le cœur. Je m’y suis rendue très tôt question d’éviter les bains de foule et ai volontairement contourné la place Jemaa el-Fna, encore déserte en cette heure matinale. Après avoir emprunté la petite rue Laksour et croisé quelques chats encore endormis, j’ai fini par déboucher dans le quartier des hammams et des teinturiers : Mouassine. J’ai adoré ce coin de la médina, je lui ai trouvé un côté plus authentique que celui des souks centraux. Les vendeurs de tapis et de lampes se font concurrence pendant qu’un autre félin prend la pause au bord la fontaine proche de la mosquée.

         

         

Une fois à cet endroit, enfoncez-vous dans la rue Mouassine et partez à la découverte du Jardin Secret. Un des plus vieux et des plus grands riads de la ville qui renferme en son écrin un joyau botanique. Une fois à l’intérieur, c’est un havre de paix qui s’offre à vous allant de la fontaine aux tortues jusqu’au jardin parsemé de lavandes, d’oliviers et de fleurs d’oranger. Une tour est également accessible. Incontournable non seulement pour son architecture mais également pour le panorama qu’elle offre sur la ville. Il vous est même possible d’apercevoir les dunes enneigées de l’Atlas. Comptez 8 euros pour y entrer et 3 euros supplémentaires si vous souhaitez accéder à la tour. Personnellement, je ne regrette pas de les avoir déboursés. Vous pouvez également boire un thé sur la terrasse surélevée si la soif vous en dit.

         

         

         

Face à l’entrée du jardin, un magnifique petit magasin vend de multiples bijoux en pierres semi-précieuses et des masques africains. Le nom du lieu en question m’a malheureusement échappé tant mon esprit était porté par l’endroit mais vous ne pourrez pas le louper ! J’y ai d’ailleurs craqué pour un bracelet de lapis-lazuli accompagné de sa perle berbère. Vous avez dit typique ? Dans la même rue une autre adresse à signaler : Le Max et Jean. Un concept store où vous pouvez allier gastronomie et shopping de produits de qualité made in Marrakech. De plus, le Roof top est canon !

         

Non loin de là, vers les souks centraux se trouve la maison de la photographie. Petit Riad accueillant les clichés d’un Marrakech d’hier et d’aujourd’hui qui vous confirmeront que votre visite est un séjour en dehors du temps. Vous verrez la ville en noir et blanc pour un peu moins de cinq euros. Si vous êtes mordus de la pellicule, allez-y. Tout près de là, la Medersa Ali Ben Youssef, cette ancienne école coranique est un des rares édifices religieux accueillant les non-musulmans. Une bonne manière de découvrir l’architecture arabe teintée d’une influence andalouse. A ce sujet, lorsque vous promenez dans la médina et dans tout Marrakech d’ailleurs, évitez de trop découvrir vos jambes et vos épaules. Je ne dis pas qu’il faut s’armer d’un kimono sous 30 degrés mais il est évident que les habitants ont un autre rapport à la pudeur et qu’en tant que voyageurs, nous nous devons de le respecter. En particulier lorsqu’il s’agit de lieux religieux. Juste à côté de la maison de la photographie, une table à ne pas manquer : le Dar Tazi. Ce petit restaurant familial offre une carte complète de couscous et tajines, le tout dans un jardin ensoleillé.

         

         

Une fois la panse bien pleine, rebroussez chemin vers le centre. Je suis passée par les souks centraux mais comme je vous l’ai dit précédemment cela n’est pas mon meilleur souvenir. Était-ce le monde ou le fait que les vendeurs soient plus pressants à cet endroit ? Je ne saurais le dire… Mais n’hésitez surtout pas à vous en faire votre propre opinion ! En parlant de vendeurs pressants, soyez vigilants si vous voyagez carte en main. Les enfants tenteront de vous aider que vous le vouliez ou nous, que cela soit dans la bonne ou la mauvaise direction (il faut bien que jeunesse se passe). Quelques adultes également vous proposeront leur aide mais il y a neuf chances sur dix qu’ils vous conduisent également vers l’échoppe d’un ami ou encore d’un grand oncle le tout en échange de quelques dirhams. Pour éviter les mauvaises surprises, déclinez poliment et continuez votre route. Route durant laquelle vous tiendrez bien votre droite également. Les rues sont très étroites et très souvent parcourues par de dynamiques mobylettes par ci, et de petites charrettes tirées par de fougueux ânes par là. Alors prenez garde à vos petons !

         

Selon vos envies, vous trouverez dans les souks une multitude de trésors made in Maroc. Qu’il s’agisse de lampes ornementales, de miroirs, de bijoux, de tapis, de sacs en cuir ou encore d’épices,… Vous ne saurez plus où donner de la tête. N’hésitez pas à faire votre repérage et à comparer les prix avant de marchander (manœuvre obligatoire dans le coin) et d’acheter.

         

         

Une fois votre marathon shopping terminé, dirigez-vous vers la fameuse place Jamaa el-Fna. Deux ambiances y résident selon que vous y passiez le jour ou la nuit. L’agitation est le maître mot de cet espace. Entre les charmeurs de serpents, les dresseurs de singes, les interpellations des vendeurs de jus d’oranges et le cliquetis des calèches ambulantes, vos oreilles ne trouveront nul répit. Mais c’est aussi cela Marrakech, une ville qui ne dort jamais. Le soir, les artistes de rues se font plus nombreux et les lumières revêtues par la ville vous inviteront à la rêverie telle que Shéhérazade elle-même pouvait la conter. Si vous souhaitez profiter des lieux en prenant un peu de frais et de hauteur, rendez-vous à la terrasse du Café de France. Mais arrivez tôt ou soyez patients car les places y sont chères. De cet endroit, vous pourrez admirer le minaret de la mosquée de la Koutoubia. Les boules dorées à son sommet, qui ne vous échapperont pas, alimentent encore aujourd’hui une légende assez cocasse. Anciennement celles-ci étaient faites d’or et avaient été offertes par la femme d’un calife. Cette dernière aurait en effet fait fondre ses bijoux pour faire pénitence d’avoir été surprise en train de casser la croute en plein jour durant le ramadan. Y aurait-il sentence plus cruelle pour une femme de calife que de se faire confisquer ses plus beaux joyaux ?

         

A quelques rues de là, une autre trouvaille pour boire un verre depuis une terrasse surplombant la ville : le Mabrouk. Ce dernier fait également riad, spa et restaurant. Pour n’y avoir fait que boire et manger, je vous le recommande. La décoration du restaurant est superbe et la terrasse très reposante bien qu’à deux pas de la place Jemaa el-Fna.

S’il vous reste de l’énergie et un peu de place pour encore un semblant de magie dans les yeux ne passez pas à côté du quartier de Cabash. L’architecture y règne en maîtresse. Le palais de la Bahia (la belle) est en effet un incontournable des lieux. Construit pour les beaux yeux de sa favorite du moment, le vizir Ahmed Ben Moussa n’a pas hésité à faire appel aux plus grands afin de combler sa belle… Et nous aussi, par la même occasion. Cette merveille architecturale vous laissera sans voix. A quelques rues de là, les tombeaux des Saadiens valent eux aussi un sacré coup d’œil. Ces derniers se trouvent juste à l’arrière de la mosquée de la Cabash, qui est elle aussi d’une grande beauté.

Enfin, avant de terminer votre séjour, n’oubliez pas de vous rendre dans la ville nouvelle. Celle-ci n’a absolument rien à voir avec la médina. Elle troque ses petites ruelles pour de grandes avenues et de hauts bâtiments. Un véritable contraste mais qui a tout son charme également. C’est précisément dans ce coin de la ville que se cache le jardin Majorelle. Tombé amoureux de Marrakech, le peintre orientalise français Jacques Majorelle acquit cette palmeraie en 1923. Il y fit ensuite construire son atelier de peinture et le fit peindre dans un bleu synthétique tirant vers le violet, plus connu aujourd’hui sous le nom de « bleu Majorelle ». Dans un style Art déco, ce lieu est d’une beauté rare dans un écrin de plantes exotiques. A la mort du peintre, l’endroit fut malheureusement livré à lui-même. Ce seront donc deux autres grands amoureux du Maroc, à savoir Yves St Laurent et son compagnon Pierre Bergé qui rachèteront cet endroit. Vous ne pouvez vous rendre à Marrakech sans y aller. Comptez un peu moins de 7 euros pour l’accès au jardin. Il s’agit d’un lieu très touristique, je vous conseille donc d’y aller tôt afin de ne pas perdre votre temps dans les files à l’entrée. De plus, il est bien plus agréable de visiter les lieux lorsqu’il n’y a pas trop de monde.

         

         

         

Actuellement, il y a également présence d’un musée berbère, dont on a vite fait le tour mais qui vaut le coup d’œil (comptez 3 euros supplémentaires). Ainsi que d’une exposition souvenir de plusieurs mots et dessins personnels d’Yves Saint Laurent. On y retrouve en grande partie son chien Moujik et divers messages d’amour plus colorés les uns que les autres. J’ai adoré !

         

Vous l’aurez compris, le jardin Majorelle est lui aussi un de mes coups de cœur à Marrakech. Il en sera surement de même pour vous ! Non loin de là, pour les amoureux de la haute couture, le musée Yves Saint Laurent. Cet espace d’une grande modernité accueille entre autres une formidable rétrospective du génie du styliste en passant par des inoubliables comme la robe Mondrian ou encore la Saharienne. Comptez un peu moins de 10 euros pour vous y rendre. Une fois ce marathon de style et d’histoire terminé, n’hésitez pas à zoner dans cette rue Yves Saint Laurent (ben oui c’est assez évident). Plusieurs magasins très in y ont pris place. Mon préféré est sans nul doute le 33 rue Majorelle. Dans une ambiance bobo chic (oui très cher, rêvons un peu que diable !) vous trouverez bijoux, sacs, décorations,… Pour la plupart, des créations d’artisans locaux faites avec un goût très sûr. Le magasin Hadaya est lui aussi une étape très sympa si vous êtes à la recherche de souvenirs. Envie d’une pause sucrée ? Les smoothies du Juice Bar, faisant face au jardin rassasiera sans aucun doute vos papilles et votre soif de sucre.

         

Vous l’aurez compris, il n’y a pas un Marrakech, mais bien plusieurs facettes en une. C’est aussi ça le voyage ! Partir avec un tas d’idées et d’images préconçues quant à l’endroit où l’on se rend et une fois sur place, trouver une multitude de manières de déconstruire celles-ci afin de mieux se les approprier. Et Marrakech n’y fera pas exception, croyez-moi !